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Mer et littoral

Elaboration de stratégies territoriales d’adaptation au recul du trait de côte

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publié le 25 mars 2019 (modifié le 6 mai 2022)

En Bretagne comme ailleurs, le littoral est exposé aux risques d’érosion et de submersion. Dans un contexte de changement climatique, ces phénomènes seront amenés à augmenter dans les décennies à venir, ce qui rendra les territoires littoraux plus vulnérables. Dans le même temps, ces espaces restent très attractifs, toujours plus de personnes et d’activités souhaiteront s’y installer.
Compte tenu de l’importance de ces sujets pour l’avenir de la Bretagne, la Conférence Régionale pour la Mer et le Littoral (CRML) a doté le territoire d’une stratégie pour une transition maritime à son échelle.
La DREAL, la Région Bretagne et le Cerema ont alors lancé un appel à manifestation d’intérêt (voir le texte de l’appel) pour engager, avec des territoires volontaires, des démarches visant à dégager des pistes concrètes pour l’adaptation des territoires au recul du trait de côte, qui prenne en compte les enjeux locaux.

Les territoires volontaires

Trois territoires ont décidé de s’engager dans la démarche :

  • La Communauté de communes Lesneven Côte des Légendes (CLCL), dans le Finistère nord. Déjà largement sensibilisée au sujet (les tempêtes de 2013-2014 ont durablement marqué son territoire), la collectivité avait participé à un précédent appel à manifestation d’intérêt porté par la DREAL. Elle était donc dotée, depuis 2017, d’un « livret d’alerte » qui posait les bases d’une réflexion à l’échelle territoriale pour mieux prendre en compte les risques côtiers.
  • Golfe du Morbihan – Vannes Agglomération, vaste territoire de 34 communes, dont deux insulaires. Jeune collectivité qui a vu le jour en 2017, GMVA souhaitait asseoir pleinement sa compétence Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations en menant une politique de gestion durable de son trait de côte.
  • Auray-Quiberon Terre Atlantique (AQTA), mitoyenne de GMVA, qui comprend également deux îles et l’isthme de Penthièvre, avait besoin de mieux connaître sa vulnérabilité aux risques littoraux, et de sensibiliser élus et population du territoire. Cela devait lui permettre de dégager les grandes priorités d’actions à venir.

De plus, le Parc naturel régional du Golfe du Morbihan, qui avait également été bénéficiaire de l’action de la DREAL en 2017, s’est associé aux deux collectivités morbihannaises, apportant son expérience en matière de prospective sur le devenir des territoires littoraux.

La richesse de l’expérimentation des démarches

Ces territoires, très différents dans leur composition et quant aux enjeux qui se posent à eux, se situaient également à des stades différents de maturité du sujet lorsqu’ils ont candidaté. C’est notamment ce qui fait la richesse de cette expérimentation : que l’ensemble des enseignements tirés de ces trois démarches, adaptées à chacun, puisse produire des éléments qui correspondent à la diversité des territoires bretons.
Le point commun de ces démarches : des études techniques, qui font avancer la connaissance des risques sur le linéaire côtier, couplées à des ateliers participatifs qui contribuent d’une part à sensibiliser les habitants, et d’autre part à éclairer la vision des élus sur les problématiques des acteurs de leurs territoires.
Le contexte sanitaire n’a pas facilité la tâche des collectivités : des ateliers ont été reportés, le choix des lieux de rencontre a été restreint, et Golfe du Morbihan – Vannes Agglomération a opté pour un public limité aux associations représentatives des usagers du territoire. Dans l’ensemble, ces ateliers ont malgré tout été largement suivis, et ont participé à la sensibilisation des populations à ce sujet, dont l’impact se fera sentir pour nos générations futures. En tout, six rencontres à Lesneven, six sur le territoire d’AQTA, et sept pour GMVA ont permis d’échanger sur un devenir souhaitable pour le littoral.

Partage d’expériences sur la submersion, dépoldérisation et recul du trait de côte

Afin de compléter ces approches techniques d’une part, et en prise directe avec leurs habitants d’autre part, les élus ont également bénéficié du regard de leurs pairs, à l’occasion de deux déplacements organisés par le Parc naturel régional du Golfe du Morbihan.
Le premier a eu lieu dans la région, à St-Malo et sur la Côte d’Émeraude, plus précisément à Lancieux et Beaussais-sur-Mer. Il y a été question de submersion et de dépoldérisation.
Le second a permis d’appréhender le recul du trait de côte à grande échelle sur la côte aquitaine : les problématiques d’Aytré, de Soulac-sur-Mer, de Lacanau, de Lège-Cap-Ferret et de la Rochelle ont été présentées lors des différentes étapes du voyage.
Tous les participants étaient d’accord pour souligner l’importance de la pédagogie et de l’acculturation des populations pour accompagner des décisions, importantes pour le devenir de leurs lieux de vie, qui seront parfois appelés à changer substantiellement.


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