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Prévention des pollutions et des risques

Vimers : étude des événements de tempête en Bretagne

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publié le 29 janvier 2015 (modifié le 21 septembre 2020)

Météo France a réalisé, sur la période 2012-2014, avec le concours technique du SHOM (Service hydrographique et océanographique de la Marine) et du CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) et le soutien financier de l’État et de la Région Bretagne, une étude des événements de tempête passés ayant affecté le littoral breton, en lien avec la problématique des submersions marines. Cette étude basée sur une analyse approfondie des archives météo-marines disponibles a conduit à la production de près de 160 fiches descriptives des tempêtes recensées. La méthodologie mise en oeuvre et les analyses opérées sur ces tempêtes ont été décrites dans les rapports Vimers 0 et Vimers 1.
L’ensemble de ces documents sont téléchargeables sur ce site (liens en bas de page).

L’exposition d’un territoire aux submersions marines dépend non seulement des spécificités topographiques des zones littorales et de leurs ouvrages de défense contre la mer, mais également des conditions hydrodynamiques (états de mer) auxquelles ces zones et ces ouvrages sont exposés, notamment lors de certaines situations aggravantes (vives-eaux, tempêtes, etc.).

Les tempêtes, facteurs d’aggravation des risques de submersion

Les états de mer les plus critiques en termes de submersions sont ceux générés :

  • par des niveaux marins importants, susceptibles de permettre à la mer de pénétrer sur le territoire, notamment, dans les zones protégées par des digues, en dépassant la côte de crête des ouvrages ;
  • par des fortes houles pouvant occasionner, des submersions par projections de paquets de mer, ou des défaillances des ouvrages de protection (formation de brèches laissant passer l’eau).

La marée astronomique peut générer des niveaux marins importants, notamment lors de pleine mer de vive-eaux, mais les dépressions atmosphériques peuvent aggraver significativement ces niveaux, en créant une élévation complémentaire du niveau marin, appelée surcote atmosphérique, traduisant la différence entre le niveau marin observé et le niveau marin prédit. Cette surcote est la conséquence des basses pressions (effet du « baromètre inversé ») et des vents qui accumulent les masses d’eau à la côte.

Ainsi les données de vent, de pression, de houle et de niveau marin sont essentielles pour caractériser les états atmosphériques et les états de mer qui ont généré des submersions dans le passé ou qui sont susceptibles de les occasionner, notamment pour déceler et signaler les situations de vigilance vagues-submersion (VVS - http://www.meteofrance.fr/prevoir-le-temps/phenomenes-meteo/les-vagues-submersions) permettant de se préparer à la gestion de crise. Les connaissances disponibles sur ces paramètres météo-marins sont issues de données d’observation opérés par des instruments métrologiques installés au large ou à la côte (anémomètre, baromètre, marégraphe, houlographe, etc.), ou issues de modèles numériques permettant de reconstituer des états atmosphériques ou des états de mer passés, ou de procéder aux prévisions.

Un grand nombre d’événements de tempête a balayé le littoral du Grand Ouest de la France ces derniers siècles. Ils ont pu causer des submersions plus ou moins importantes, en fonction de leur conjonction avec des conditions de pleine mer, de vives-eaux, de fortes houles, mais également en fonction de l’orientation des côtes et de l’état des ouvrages de défense contre la mer. La nature des dommages associés à ces inondations (pertes humaines et dégâts matériels) est étroitement liée aux conditions d’occupation du sol au moment de ces événements, et également à la capacité des hommes à anticiper leur survenue et à organiser la gestion de crise.

Présentation de l’étude Vimers

De nombreuses archives existaient sur ces événements de tempête (archives dormantes au format papier ou numérique) et nécessitaient d’être exploitées afin d’améliorer la connaissance des événements passés et mieux appréhender les événements extrêmes susceptibles dans l’avenir être à l’origine de nouvelles submersions sur le territoire. C’est le travail accompli par Météo France dans le cadre du projet Vimers, réalisé en partenariat avec le SHOM et le CEREMA, et avec le soutien financier de l’État et de la Région Bretagne.

Cette étude Vimers a consisté en une analyse historique et statistique des tempêtes menaçant le littoral breton. Elle a été réalisée sur un large secteur Ouest, depuis la pointe de Chassiron jusqu’à la pointe de la Hague. Après une première phase d’investigation (volet Vimers 0) réalisée sur la période 2012-2013, une seconde phase d’approfondissement (volet Vimers 1) a été menée sur la période 2013-2014. Les travaux de Vimers 1 ont été suivis par un comité scientifique et technique réunissant Météo-France, le SHOM, le CEREMA, la DREAL Bretagne, la Région Bretagne, l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), le laboratoire de Saint-Venant de l’ENPC (École nationale des ponts et chaussées) et EDF R&D.

Ces deux phases ont fait l’objet de rapports spécifiques : Vimers 0 et Vimers 1, expliquant chacun la méthodologie mise en oeuvre lors de ces deux phases du projets, ainsi que les premières simulations opérées sur des tempêtes extrêmes fictives mais plausibles. À noter que le rapport Vimers 1 comprend 7 annexes techniques :

  • rapport technique n° 1 : tests sur les tempêtes analogues ;
  • rapport technique n° 2 : validation météorologique des rejeux des vingt-cinq situations de référence ;
  • rapport technique n° 3 : utilité de la PEARP ;
  • rapport technique n° 4 : simulation de vagues ;
  • rapport technique n° 5 : occurrence tempête et grande marée ;
  • rapport technique n° 6 : calcul de surcotes fictives avec décalage de la marée ;
  • rapport technique n° 7 : surcotes et vagues extrêmes générées par des tempêtes fictives.

Trois jeux de fiches tempêtes ont été produits, plus ou moins documentées, en fonction de la quantité et de la qualité des informations disponibles et également du degré d’approfondissement recherché :

  • 11 fiches de tempêtes « anciennes » couvrant la période 1896-1948 ;
  • 150 fiches de tempêtes « récentes » couvrant la période 1967-2012 décrivant essentiellement le déplacement de la tempête, les conditions météorologiques associées, les dégâts recensés, etc. ;
  • 23 fiches de tempêtes « récentes » (parmi les 150 susvisées), considérées comme des tempêtes de référence représentatives de la variabilité des tempêtes bretonnes, ont fait l’objet de recherches d’archives plus poussées et sont donc davantage documentées (situation météorologique, surcotes, vagues, dégâts engendrés).

[1] Le projet est dénommé « Vimers » en référence à l’appellation donnée aux submersions marines générées par la concomitance de tempêtes et de fortes marées dans le folklore rétais.


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