Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner article  desabonner article
Prévention des pollutions et des risques

Etude Vimers des événements de tempête en Bretagne

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 29 janvier 2015

L’exposition d’un territoire aux submersions marines dépend non seulement des spécificités topographiques des zones littorales et de leurs ouvrages de défense contre la mer, mais également des conditions hydrodynamiques (états de mer) auxquelles ces zones et ces ouvrages sont exposés, notamment lors de certaines situations aggravantes (vive-eau, tempêtes…).

1°) Les tempêtes : facteurs d’aggravation des risques de submersion

Les états de mer les plus critiques en termes de submersions sont ceux générés :
- par des niveaux marins importants, susceptibles de permettre à la mer de pénétrer sur le territoire, notamment, dans les zones protégées par des digues, en dépassant la côte de crête des ouvrages ;
- par des fortes houles pouvant occasionner, des submersions par projections de paquets de mer, ou des défaillances des ouvrages de protection (formation de brèches laissant passer l’eau).

La marée astronomique peut générer des niveaux marins importants, notamment lors de pleine mer de vive-eaux, mais les dépressions atmosphériques peuvent aggraver significativement ces niveaux, en créant une élévation complémentaire du niveau marin, appelée surcote atmosphérique, traduisant la différence entre le niveau marin observé et le niveau marin prédit. Cette surcote est la conséquence des basses pressions (effet du « baromètre inversé ») et des vents qui accumulent les masses d’eau à la côte.

Ainsi les données de vent, de pression, de houle et de niveau marin sont essentielles pour caractériser les états atmosphériques et les états de mer qui ont généré des submersions dans le passé ou qui sont susceptibles de les occasionner, notamment pour déceler et signaler les situations de Vigilance-Vague-Submersion (VVS) permettant de se préparer à la gestion de crise. Les connaissances disponibles sur ces paramètres météo-marins sont issues de données d’observation opérés par des instruments métrologiques installés au large ou à la côte (anémomètre, baromètre, marégraphe, houlographe…), ou issues de modèles numériques permettant de reconstituer des états atmosphériques ou des états de mer passés, ou de procéder aux prévisions.

Un grand nombre d’événements de tempête a balayé le littoral du grand ouest de la France ces derniers siècles. Ils ont pu causer des submersions plus ou moins importantes, en fonction de leur conjonction avec des conditions de pleine mer, de vive-eau, de fortes houles, mais également en fonction de l’orientation des côtes et de l’état des ouvrages de défense contre la mer. La nature des dommages associés à ces inondations (pertes humaines et dégâts matériels) est étroitement liée aux conditions d’occupation du sol au moment de ces événements, et également à la capacité des hommes à anticiper leur survenue et à organiser la gestion de crise.

2°) Présentation de l’étude Vimers

De nombreuses archives existaient sur ces événements de tempête (archives dormantes au format papier ou numérique) et nécessitaient d’être exploitées afin d’améliorer la connaissance des événements passés et mieux appréhender les événements extrêmes susceptibles dans l’avenir être à l’origine de nouvelles submersions sur le territoire. C’est le travail accompli par Météo-France dans le cadre du projet Vimers [1], réalisé en partenariat avec le SHOM [2] et le CEREMA [3], et avec le soutien financier de l’État et de la Région Bretagne.

Cette étude Vimers a consisté en une analyse historique et statistique des tempêtes menaçant le littoral breton. Elle a été réalisée sur un large secteur Ouest, depuis la Pointe de Chassiron jusqu’à la Pointe de la Hague. Après une première phase d’investigation (volet « Vimers 0 ») réalisée sur la période 2012-2013, une seconde phase d’approfondissement (volet « Vimers 1 ») a été menée sur la période 2013-2014. Les travaux de Vimers 1 ont été suivis par un Comité Scientifique et Technique réunissant Météo-France, le SHOM, le CEREMA, la DREAL Bretagne, la Région Bretagne, l’IRSN [4], le Laboratoire de Saint-Venant de l’ENPC [5] et EdF R&D.

Ces deux phases ont fait l’objet de rapports spécifiques : Vimers 0 et Vimers 1, expliquant chacun la méthodologie mise en œuvre lors de ces deux phases du projets, ainsi que les premières simulations opérées sur des tempêtes extrêmes fictives mais plausibles. A noter que le rapport Vimers 1 comprend 7 annexes techniques :

  • rapport technique n°1 : tests sur les tempêtes analogues ;
  • rapport technique n°2 : validation météorologique des rejeux des vingt-cinq situations de référence ;
  • rapport technique n°3 : utilité de la PEARP ;
  • rapport technique n°4 : simulation de vagues ;
  • rapport technique n°5 : occurrence tempête et grande marée ;
  • rapport technique n°6 : calcul de surcotes fictives avec décalage de la marée ;
  • rapport technique n°7 : surcotes et vagues extrêmes générées par des tempêtes fictives.

Trois jeux de fiches tempêtes ont été produits, plus ou moins documentées, en fonction de la quantité et de la qualité des informations disponibles et également du degré d’approfondissement recherché :

  • 11 fiches de tempêtes « anciennes » couvrant la période 1896-1948 ;
  • 150 fiches de tempêtes « récentes » couvrant la période 1967-2012 décrivant essentiellement le déplacement de la tempête, les conditions météorologiques associées, les dégâts recensés… ;
  • 25 fiches de tempêtes « récentes » (parmi les 150 susvisées), considérées comme des tempêtes de référence représentatives de la variabilité des tempêtes bretonnes, ont fait l’objet de recherches d’archive plus poussées et sont donc davantage documentées (situation météorologique, surcotes, vagues, dégâts engendrés). [6]

Une dernière phase du projet « Vimers 2 » pourrait être engagée courant 2015 afin d’approfondir la connaissance sur les événements de tempêtes extrêmes et les conditions hydrodynamiques qu’ils peuvent générer dans le secteur proche côtier, et in fine leurs conséquences en termes de submersions à terre. Ce volet complémentaire de l’étude Vimers permettra d’affiner le cadre méthodologique de prise en compte des submersions occasionnées par des événements météo-marins rares, scénarios d’intérêt stratégique dans le cadre de la mise en œuvre de la directive du 23/10/2007 relative à l’évaluation et la gestion des risques d’inondations et du Plan de gestion des risques d’inondation (PGRI) du bassin Loire-Bretagne, en cours d’élaboration.

[1Le projet est dénommé Vimers en référence à l’appellation donnée aux submersions marines générées par la concomitance de tempêtes et de fortes marées dans le folklore rétais

[2Service Hydrographique et Océanographique de la Marine

[3Centre d’Etudes et d’Expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement

[4Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

[5École Nationale des Ponts et Chaussées

[6Les fiches des tempêtes du 23/11/1984 et du 16/12/2011 sont en cours de finalisation et seront prochainement téléchargeables.


Télécharger :

Autres rubriques pour cet article :

Mots-clés associés :