Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner article  desabonner article
Nature, paysages, eau et biodiversité

Espèces végétales et animales d’intérêt communautaire

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 26 juillet 2010 (modifié le 21 février 2013)

Les espèces végétales et animales désignées au titre de Natura 2000

Les plantes et les animaux se regroupent par affinité, pour former de véritables sociétés équilibrées : telle plante préfère tel sol avec telle altitude et telle exposition, tandis que tel animal ne peut se passer de telle plante dont il est friand, ou qui lui apporte l’ombrage idéal. C’est ainsi qu’il est possible de décrire les habitats, de les classer, de comprendre leur répartition sur la planète. Ces regroupements sont très divers. Aussi, au fur et à mesure de la réalisation des inventaires dans le monde, les habitats ont été décrits et nommés. En Europe, une liste de référence appelée "code CORINE biotope" a été définie. Elle sert de base à l’inventaire Natura 2000 et présente l’avantage d’être la même pour tous les pays. Par exemple, la hêtraie de l’Asperulo-Fagetum désigne une forêt de hêtres où pousse une petite plante appelée aspérule.

Quelques exemples d’espèces végétales et animales d’intérêt communautaire, listées en annexe II de la directive "habitats-faune-flore" :

OMPHALODE

L’omphalode du littoral est une plante assez discrète qui se développe sur la partie fixée de certaines dunes. Elle n’existe au monde que sur la façade maritime française, de la Charente-Maritime au Finistère. En Bretagne, elle est surtout connue dans les îles (Houat, Hoëdic, archipel des Glénan) et n’est présente qu’en de rares sites sur le continent (Quiberon, dunes de Plouharnel). Pour la protéger, il s’agit tout simplement de lui éviter d’être piétinée.

SPHAIGNE DE LA PYLAIE

La sphaigne de la Pylaie (Sphagnum pylaisii) est une mousse de couleur rougeâtre pouvant varier du vert olive au brun foncé. Elle ne se développe que sur des sites où l’eau est omniprésente : bas marais tourbeux, lande humide, tourbière de pente. Sa répartition géographique est particulière, puisqu’elle n’est présente que sur la côte Est des Etats-Unis, au Nord-Ouest de l’Espagne…. et en Bretagne

La protection de son habitat - les tourbières et landes tourbeuses, condition de son maintien en France, prend donc un relief particulier.

PANICAUT VIVIPARE

Le panicaut vivipare (Eryngium viviparum) est un petit chardon (10 à 15 cm de haut) aux fleurs bleu clair. C’est une plante des prairies maigres de la façade maritime Ouest du continent européen ("façade atlantique"). Elle n’existe qu’en trois endroits au monde, en Galice, au Portugal et en Bretagne. En 1970, cette espèce était présente dans quinze sites du Morbihan. Aujourd’hui, seule une station abritant le panicaut vivipare reste connue.

La protection de cette espèce consiste à contrôler le développement de la végétation concurrente, par une fauche annuelle ou un pâturage extensif.

Quelques exemples d’espèces animales concernées

MOULE D’EAU DOUCE

Mollusque d’une exceptionnelle longévité (jusqu’à 90 ans), la moule perlière d’eau douce (Margaritifera margaritifera), encore appelée mulette, vit dans les rivières et ruisseaux aux eaux vives et fraîches, non calcaires, aux fonds graveleux et pierreux. En France, seules quelques régions, comme la Bretagne(ouest), la basse-Normandie, l’Auvergne, abritent encore des populations de mulettes (huit sites subsistent sur une cinquantaine historiquement recensés).

Des études sont actuellement menées afin d’éviter sa disparition du territoire national.

DAMIER DE LA SUCCISE

Le damier de la succise (Euphydryas aurinia) est un papillon dont la survie est liée à la succise (Succisa pratensis), fleur des zones humides (prés, landes, ). En effet, il pond ses œufs sous les feuilles, et les chenilles se déplacent de succise en succise pour se nourrir des feuilles.

Le principal péril pour ce papillon est la disparition de cette plante et des zones humides qu’elle affectionne.

Sa protection peut nécessiter la mise en place de fauches espacées dans le temps (tous les deux ou trois ans), les chenilles hibernant sur la plante même.

LOUTRE

La loutre d’Europe (Lutra lutra) fréquente les territoires où sont associées eau et végétation - étangs et leurs rives, rivières aux berges boisées -, et qui sont proches d’espaces tels que marais, tourbières, estuaires, lagunes, côtes marines.

Autrefois très présente dans les rivières aux eaux calmes, elle affectionne aujourd’hui surtout les petites rivières aux eaux vives.

Le quart des effectifs de loutres "françaises" est dénombré en Bretagne, réparti entre un noyau principal entre Aulne et Blavet et un noyau secondaire constitué des zones humides littorales entre le Blavet et la Loire. Enfin, il n’y a plus guère qu’en Bretagne où la loutre exploite le milieu marin, au nord-ouest du Finistère (Presqu’île de Crozon, Archipel de Molène),
La taille du territoire d’une loutre est variable : 15 à 40 km de cours d’eau par individu, 5 à 15 km de côtes sur le littoral pour 4 à 5 femelles. La protection d’une telle espèce doit tenir compte de cet aspect territorial. Il s’agit, sur un tel domaine, de lui assurer "gîte et couvert" et la sécurité de ses déplacements.

CHAUVE-SOURIS

Le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) est une chauve-souris grande et robuste qui chasse d’un vol lent, à faible hauteur, au-dessus de la végétation basse ou le long des haies. En été, elle occupe les combles et greniers, en hiver, les cavités souterraines (caves, blockhaus, anciennes mines). Cette espèce est en régression très marquée. Des colonies autrefois riches de centaines d’individus n’en comptent plus que quelques-uns. Une des causes essentielles est le dérangement.

TRITON CRÊTÉ

Le triton crêté (Triturus cristatus) est un grand triton qui vit dans les mares présentant une végétation aquatique dense. C’est une espèce protégée sur le territoire français.

Sa survie en Bretagne est menacée par la disparition des mares qu’il affectionne.

Plus généralement, "grenouilles" et « tritons » sont très dépendants de leurs habitats, du fait de leurs faibles capacités de déplacement et de l’obligation pour eux de trouver un point d’eau pour se reproduire.

LE SAUMON ATLANTIQUE

Le saumon (Salmo salar) se reproduit en rivière dans des eaux fraiches et oxygénées. A l’âge de 1 à 2 ans, les jeunes saumons rejoignent la mer ; adultes, ils retournent vers leur rivière d’origine pour se reproduire. 80 % des captures de saumon en France sont réalisées dans les rivières aux eaux courantes de Bretagne occidentale. Ce constat est le reflet des efforts consentis ces vingt dernières années pour assurer la libre circulation de ces grands migrateurs, au moyen de passes à poissons au niveau des obstacles.