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Climat, énergie, aménagement, logement

Les épisodes de pollution atmosphérique : questions et réponses

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publié le 9 septembre 2015 (modifié le 13 septembre 2018)

Qu’est-ce qu’un épisode de pollution atmosphérique ?

La pollution atmosphérique de fond, c’est à dire celle à laquelle nous sommes exposés pendant toute l’année, a des effets sanitaires démontrés qui justifient une action sur le long terme de réduction des émissions polluantes. Mais il arrive aussi régulièrement que l’apparition de conditions météorologiques favorables à l’accumulation des polluants conduise pendant quelques jours à des niveaux élevés. C’est ce qu’on appelle les « pics » ou « épisodes de pollution ».

Leur apparition peut avoir un impact sur certaines personnes (nourrissons, jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées ou personnes soufrant de pathologies respiratoires ou cardiovasculaires), voire sur toute la population en cas de forte pollution, et nécessite donc une réponse spécifique.

Quelle différence entre les épisodes de pollution et la pollution chronique ?

Un épisode de pollution correspond à un pic de concentration en polluant, c’est à dire des valeurs élevées observées pendant de courtes périodes. Il a des effets sanitaires immédiats vis-à-vis de certaines personnes sensibles ou non.

La pollution chronique correspond aux niveaux observés sur de longues périodes et est estimée généralement en moyenne annuelle. Plusieurs études (Organisation Mondiale de la Santé, Institut national de Veille Sanitaire) démontrent qu’une exposition de longue durée à la pollution chronique a des effets sanitaires plus importants sur le long terme que les épisodes de pollution.

Quels sont les effets sur la santé ?

Les épisodes de pollution ont des effets sanitaires de moindre ampleur que la pollution atmosphérique « de fond », subie pendant plusieurs années. Les effets les moins graves et les plus courants sont la toux, l’irritation du nez, des yeux et de la gorge.

Des effets plus graves, respiratoires ou cardiovasculaires, peuvent apparaître chez les personnes atteintes de pathologies chroniques et conduire à l’hospitalisation et, dans les cas les plus graves, au décès

Quelles sont les personnes vulnérables ou sensibles à la pollution ?

Selon les travaux du Haut Conseil de la santé publique, sont vulnérables à la pollution atmosphérique : les femmes enceintes, les nourrissons et enfants de moins de 15 ans, les personnes de plus de 65 ans et les sujets asthmatiques, souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires.

De plus, certaines personnes peuvent être plus sensibles à la pollution. Ce sont les personnes diabétiques, immunodéprimées, souffrant d’affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire ou infectieux.

Quels sont les polluants concernés?

Le code de l’environnement définit un épisode de pollution comme la période pendant laquelle les concentrations dépassent des seuils fixés en valeur moyenne (journalière ou horaire) pour au moins un de ces trois polluants témoins :

  • les particules (PM10) : témoins du trafic routier (diesel), des combustibles solides (bois, charbon, …) ou liquides (fioul) et de certaines activités agricoles (épandage, brûlage des résidus verts, …)
  • le dioxyde d’azote (NO2) : témoin du trafic routier et des combustibles gazeux
  • l’ozone (O3) : polluant secondaire, témoin de la pollution photochimique ; c’est à dire de la transformation de composés tels que les composés organiques volatils (COV) sous l’action des rayons du soleil

Ce sont des polluants témoins, c’est à dire que l’on considère que leur présence est un bon indicateur de la dégradation de la qualité de l’air, y compris par d’autres polluants dont la présence dans l’air n’est pas mesurée en continu.

Comment cette pollution est-elle surveillée ?

La pollution atmosphérique est surveillée à l’aide d’un réseau de capteurs implantés sur toute la Bretagne et géré par Air Breizh. Ces données locales et celles collectées sur les régions voisines sont traitées par des systèmes de modélisation pour établir un état de la qualité de l’air (cartographie) sur toute la région. Il est également possible de réaliser des prévisions disponibles le matin pour le jour même et pour le lendemain.

Comment ces épisodes de pollution sont-ils pris en compte ?

Pour chacun de ces polluants, il existe deux seuils réglementaires, selon les niveaux de concentration observés ou prévus dans l’air ambiant :

  • le seuil d’information-recommandation  : il s’agit d’un niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de personnes particulièrement sensibles ou vulnérables
  • le seuil d’alerte : il s’agit d’un niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l’ensemble de la population

Ainsi, en fonction des niveaux de pollution et de la durée de l’épisode prévus par Air Breizh pour le lendemain, le préfet va déclencher :

  • soit une procédure d’information-recommandation (niveau orange) qui consiste à diffuser une information sur la survenue de l’épisode et des recommandations pour l’ensemble de la population ainsi que des recommandations sanitaires vers les personnes sensibles et vulnérables.
  • soit une procédure d’alerte (niveau rouge) qui prévoit, en plus de la diffusion des recommandations, des mesures d’ordre réglementaire visant à réduire les émissions de polluants dans l’atmosphère pour diminuer l’intensité et la durée de l’épisode et ainsi modérer l’exposition de la population à la pollution.