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dreal   Bretagne
Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement

Point sur la situation hydrologique en Bretagne au début du mois d’avril 2011.

publié le 19 avril 2011

Pluviométrie

Les conditions anticycloniques de nord-est permettent un ensoleillement généreux en première décade. Si les nuages reviennent ensuite, par vent de sud, apportant quelques pluies du 12 au 18, il faut attendre la fin de mois (le 26) pour recueillir des pluies significatives, dans un flux de sud-sud-ouest instable.
Les cumuls mensuels de mars représentent moins de 30 mm sur la Bretagne, moins de 20 mm sur une partie du Finistère, localement moins de 10 mm. Le déficit est général, de plus de 75% sur une moitié ouest de la région, et plus de 50 % ailleurs.

Carte de la pluviometrie en grand format (nouvelle fenêtre)
Carte de la pluviometrie


Le bilan des précipitations cumulées depuis septembre 2009 indique que la majeure partie de la région est dans la normale pluviométrique de + ou – 10 %, mais les zones déficitaires s’étendent alors que les zones encore excédentaires (grâce aux pluies automnales) régressent.

Carte du rapport aux normales des précipitations en grand format (nouvelle fenêtre)
Carte du rapport aux normales des précipitations


Avec une pluviométrie défaillante, le bilan hydrique potentiel du mois (pluie - évapotranspiration potentielle) est partout négatif, autour de -30 mm . Le bilan du cumul de pluies efficaces depuis septembre s’établit à moins de 300 mm au nord d’une ligne St Brieuc-Redon ; plus au sud, jusque 700 mm.

Carte du cumul des pluies efficaces en grand format (nouvelle fenêtre)
Carte du cumul des pluies efficaces

Source : Météo-France

Débits des cours d’eau

Les pluies de l’automne ont permis de maintenir jusqu’à fin février des débits un peu inférieurs aux moyennes de saison, mais sans caractère exceptionnel. Au contraire on assiste au mois de mars à un fléchissement très marqué des débits des cours d’eau, sans grand impact des précipitations de la fin du mois
carte des débits moyens mensuels, comparaison avec moyennes e minima connus (format pdf - 533.6 ko - 19/04/2011)
Sur l’ensemble du territoire régional, les débits moyens mensuels sont inférieurs aux moyennes interannuelles pour mars. Les 2/3 des stations analysées pour ce bulletin présentent des valeurs inférieures à 60 % de cette moyenne interannuelle, les valeurs les plus minimes (hydraulicité comprise entre 20 et 40 %) correspondant au centre du département d’Ille et Vilaine. Pour autant (et c’est normal à cette période) nulle part les débits ne sont encore au niveau du "1/10° du module" qui sert de point de repère pour la réglementation des prélèvements dans les cours d’eau.
Graphique hydraulicité (format pdf - 6 ko - 19/04/2011)
Quatre mois déficitaires consécutifs conduisent à des moyennes mensuelles nettement sèches sur l’ensemble du territoire de la région :
-  de l’ordre des valeurs de référence quinquennales (bassins de la Vilaine et du Couesnon, littoral du Morbihan et des Côtes d’Armor),
-  mais plus proches des décennales sèches pour les cours d’eau issus des hauteurs du centre Bretagne, et singulièrement les rivières du Trégor et du Goëlo (déjà les plus sèches à fin février).
-  la façade de la mer d’Iroise présente une situation légèrement plus favorable (entre les médianes et les quinquennales sèches).
Carte des débits moyens mensuels, caractérisation des débits (format pdf - 604.4 ko - 19/04/2011)
L’analyse des débits de base, qui constituent un meilleur indicateur de l’état de la ressource car moins sensible au déficit pluviométrique, traduit les mêmes tendances, mais en les adoucissant ; seul le cœur du Trégor présente un déficit vraiment marqué (amont du Blavet, du Trieux, du Léguer, de l’Hyères). Par contre le rythme du tarissement est partout assez préoccupant depuis le début du mois de mars, et la tendance est à une sévérisation de la situation : cela signifie qu’une part notable des ressources accumulées au cours de l’hiver a d’ores et déjà été écoulée, et n’est donc plus disponible pour la suite de l’étiage.
Carte des débits de base (format pdf - 604.4 ko - 19/04/2011)
Les débits observés à fin mars-début avril correspondent en règle générale à ceux enregistrés entre mi-mai et début-juin d’une "année moyenne" : l’étiage commence donc avec 1 ou plus souvent 2 mois d’avance sur le calendrier habituel. C’est sans doute en ce moment qu’il faut se préoccuper de la gestion des ressources stockées qui permettront de faire face à un déficit pressenti cet été, en particulier en ce qui concerne le soutien d’étiage des cours d’eau (Vilaine, Blavet, Elorn, Aulne….)
Source : DREAL Bretagne

Piézométrie

(extraits du bulletin établi par le BRGM)
(…) les nappes de Bretagne présentent un niveau souvent en baisse (65 % des piézomètres du réseau). Cette baisse, observée en raison de l’arrêt des pluies efficaces en mars, est surtout visible dans le Finistère et le Morbihan (…).
La carte montre également des niveaux de nappe stables (35 % des piézomètres) assez bien répartis mais surtout présents en Ille-et-Vilaine. Cette stabilité est liée aux pluies du 25 mars qui ont entraîné une faible recharge (séquence baisse-hausse-baisse de niveau sur les 15 derniers jours du mois de mars (…).
Aucun niveau en hausse n’est cependant recensé.
La carte régionale (cf. page suivante) montre un état de remplissage des aquifères à fin mars majoritairement (54 % des piézomètres) proches de la moyenne saisonnière (…). Ces niveaux sont surtout visibles dans le Finistère et dans le Morbihan. C’est dans ces deux départements que les pluies efficaces ont été les plus présentes au cours des 6 derniers mois.
Des niveaux de nappe inférieurs à la moyenne saisonnière sont également bien présents (42 % des stations) dans les Côtes d’Armor et en Ille-et-Vilaine. Ces niveaux sont liés à une recharge moins importante des nappes en raison d’une pluviométrie déficitaire (…).
Deux niveaux de nappe supérieurs à la moyenne saisonnière restent cependant visibles en Ille-et-Vilaine. Cette situation s’explique par une recharge des niveaux déjà supérieurs à la moyenne à fin novembre 2010 (cf. bulletin précédent).

Au fil des 6 derniers mois, les pluies ont été excédentaires puis déficitaires. Les pluies efficaces ont été irrégulières et parfois insuffisantes. Les nappes bretonnes sont souvent en baisse après l’arrêt de la recharge en mars. Les niveaux sont majoritairement aux moyennes saisonnières, ou inférieurs à ces moyennes principalement dans les Côtes d’Armor et en Ille- et-Vilaine.
Texte complet, graphiques et carte consultables à ces adresses :
http://www.eaubretagne.fr/Media/Documentation/Bibliographies/Le-reseau-piezometrique-de-Bretagne
ou
http://cartographie.bretagne-environnement.org/index.php/cartographiehttp://cartographie.bretagne-enviro... (menu : eau / eaux souterraines / Réseau piézométrique)
Source : BRGM