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dreal   Bretagne
Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement

Les vulnérabilités des territoires du Grand-Ouest liées au changement climatique

publié le 11 mai 2015

Le changement climatique a déjà des conséquences visibles sur nos territoires. Il accentue les vulnérabilités actuelles, en suscite de nouvelles mais sera aussi à l’origine d’opportunités. Les exemples ci-après illustrent le changement à l’œuvre et montrent la diversité des impacts réels ou potentiels sur le territoire du Grand-Ouest.

De nouveaux défis pour le secteur agricole
La Bretagne associée à la moitié ouest des Pays de la Loire constitue l’une des principales zones d’élevage françaises. À l’avenir, la réduction des précipitations et l’augmentation des sécheresses auront un impact direct sur l’environnement des animaux, avec des effets en termes de stress thermique / hydriques et de développement des maladies parasitaires, mais aussi et surtout en aggravant les tensions sur la disponibilité et le prix des aliments destinés aux animaux, qu’ils soient de production locale ou d’importation (cultures fourragères, prairies et protéines animales…). Les cultures de légumes de plein champs à destination de l’industrie, qui nécessitent une maîtrise importante de l’apport en eau, et sont très présentes dans les trois régions, seront aussi impactées. Globalement, des difficultés se manifesteront probablement sous la forme de conflits d’usages renforcés autour de la ressource en eau entre usage agricole, usages domestiques et industriels et besoin des milieux naturels.

Un littoral face à la submersion marine
Une hausse du risque d’inondation par submersion marine est à prévoir, résultant d’une élévation du niveau de la mer lors d’épisodes de tempêtes. L’ensemble du littoral du Grand-Ouest, déjà exposé aux risques d’érosion, se trouve fragilisé. Les côtes basses et marais arrières-littoraux (littoral vendéen, marais breton et poitevin, baie du Mont Saint-Michel…) ainsi que les fonds de baies et les estuaires (estuaire de la Loire, les rias bretonnes…) sont les plus vulnérables.

Des fragilités d’approvisionnement en électricité
En cas de forte chaleur, le fonctionnement des systèmes de refroidissement des centrales nucléaires est perturbé, avec
des impacts directs sur la chute de production d’électricité. Ce type de situation, déjà observée en 2003 en région Centre, pourrait se reproduire alors qu’en parallèle les demandes en énergie pour la climatisation s’accroissent. Ce qui rend le système de distribution électrique particulièrement vulnérable. À cette vulnérabilité, s’ajoutent la fragilité des infrastructures aériennes de distribution d’énergie soumises aux phénomènes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents.

Des épisodes caniculaires plus problématiques
Dans un contexte de vieillissement de la population, la hausse du nombre de jours de canicule accentue les risques sanitaires et les questions liées à la prise en charge des personnes fragiles. Lors de la canicule d’août 2003, une surmortalité significative a été observée : les décès ont doublé en région Centre, ont augmenté de 67,6 % en Pays de la Loire et de 19,7 % en Bretagne. La hausse des températures et du nombre de jours caniculaires aura des effets amplifiés en milieu urbain dense, du fait de l’effet d’îlot de chaleur urbain.

Des forêts sous pression sur le long terme
Les forêts connaîtront à court terme une hausse de productivité, qui sera intéressante de valoriser. Toutefois, à plus long terme, l’intensification et la plus grande récurrence des épisodes de sécheresse devraient avoir un impact négatif sur la physiologie des arbres (dépérissement, ravageurs…) et sur l’augmentation du risque de feux de forêt. Les peuplements forestiers en Bretagne et dans l’Ouest des Pays de la Loire (chêne pédonculé, hêtre…) sont moins bien adaptés à la sécheresse que les essences déjà présentes en région Centre (chêne vert, châtaignier, pin maritime…).

L’économie touristique dynamisée
L’augmentation des températures moyennes et la réduction des précipitations en période estivale devraient accroître l’attractivité touristique du Grand-Ouest par rapport à d’autres régions, par exemple le littoral méditerranéen. Lors des épisodes de canicule des étés 2003 et 2006, les littoraux du Grand-Ouest ont en effet bénéficié d’un accroissement notable de la fréquentation touristique. Le tourisme d’intersaison, mai-juin et septembre-octobre, pourrait également bénéficier de ces nouvelles tendances, en particulier sur le littoral du sud de la Loire.