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Climat, énergie, aménagement, logement

L’hydrogène décarboné, un vecteur énergétique doté d’une stratégie nationale, son incidence en Bretagne

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publié le 28 septembre 2021

L’hydrogène, vecteur énergétique par excellence, bénéficie d’une stratégie nationale pour son développement sous sa forme décarbonée. Cette stratégie, présentée le 8 septembre 2020, se décline en trois axes qui s’inscrivent dans la démarche d’atteinte de la neutralité carbone à l’horizon 2050 en France :

  • premier axe : la décarbonation de l’industrie,
  • deuxième axe : le développement des mobilités lourdes (poids lourds, bus, cars, trains, navires,…),
  • troisième axe : le soutien d’une recherche d’excellence et le développement des offres de formation.
    L’enjeu de cette stratégie est de favoriser un développement actif de la filière de l’hydrogène décarboné en France basée sur des écosystèmes d’industriels et d’utilisateurs, créateurs d’emplois directs et indirects, permettant de réduire la dépendance de la France vis-à-vis de ses importations d’hydrocarbures.

L’industrie étant la première consommatrice d’hydrogène en France, le premier axe de cette stratégie vise à décarboner cette industrie en remplaçant l’hydrogène carboné qu’elle produit et/ou consomme. C’est un des axes de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en cours (PPE 2019/2028 – article 5) recherchant à atteindre avant les 31 décembre 2023 et 2028 respectivement 10 % et 20 à 40 % d’hydrogène décarboné dans l’hydrogène industriel. Cela concerne principalement l’industrie du raffinage de pétrole, de la chimie avec notamment la production d’ammoniac et de méthanol, la verrerie, la métallurgie mais également d’autres secteurs comme l’électronique, l’agroalimentaire ou l’industrie du métal qui utilisent de l’hydrogène en plus petites quantités. Décliné à la Bretagne, ce premier axe la concerne peu. L’industrie bretonne recense une faible quantité d’industriels utilisant de l’hydrogène, aucune production d’hydrogène carboné n’y est présente. La consommation la plus importante se situe au niveau de l’établissement Michelin à Vannes (traitement thermique du métal). Ce dernier s’est engagé dans une démarche de décarbonation de son hydrogène suite au premier plan hydrogène initié par le gouvernement en juillet 2018. L’unité de production d’hydrogène décarboné par électrolyse sur ce site destinée à l’alimenter devrait entrer en service à l’automne 2021.

Le deuxième axe concerne le développement de la mobilité lourde à partir d’hydrogène. Cet axe est plus porteur pour la Bretagne, notamment compte tenu de sa façade maritime et de l’importance des flottes de poids lourds en lien avec l’industrie agro-alimentaire, sans oublier les usages locaux (bus, flottes captives,…). Cet axe vise, au travers de financement de projets, l’industrialisation de composants clés pour la mobilité. À ce titre, il prévoit des appels à projets pour développer des écosystèmes territoriaux visant à l’acquisition de flottes de véhicules lourds et au développement d’infrastructures d’avitaillement. Là, à nouveau, l’un des premiers projets bretons se situe à Vannes. En se mutualisant avec le projet de l’établissement Michelin à Vannes mentionné ci-dessus (premier axe), une station-service alimentée par la même installation d’électrolyse que celle fournissant de l’hydrogène à l’industriel est prévue. Il lui est associé une flotte de véhicules (taxis, ambulances, utilitaires,..) créant ainsi le tout premier écosystème d’utilisateurs en Bretagne.

Le troisième axe retient de préparer les usages de demain, c’est-à-dire la recherche fondamentale, le financement de démonstrateurs de grande envergure, le développement de composants clefs,…. Là également, cet axe est plus porteur pour la Bretagne. Il est un des axes de la feuille de route bretonne du conseil régional, son axe 2 : « positionner la filière bretonne de l’hydrogène dans ses domaines d’excellence et d’innovation », et notamment dans le secteur de la production offshore d’hydrogène décarboné.

Pour le développement de ces axes, plusieurs dispositifs au niveau national ont été retenus, sous la forme d’appels à projets (AAP) :

  • AAP Hubs H2 territoriaux destiné à sélectionner des projets d’usages mutualisé de l’H2 dans les territoires. Un premier projet normando-breton-ligérien a été retenu permettant la création d’un deuxième écosystème de production/utilisation à Brest avec une nouvelle station-service destinée à alimenter des bus ainsi que d’autres véhicules,
  • AAP Briques Technologiques, de soutien à la R&D et aux démonstrateurs de très grande envergure.

Il sera également fait appel au mécanisme IPCEI (projet européen : Important Projects of Common European Interest), ainsi qu’à des appels d’offres pour le soutien à la production. Par ailleurs, pour encadrer le développement de l’hydrogène décarboné, le gouvernement a retenu de réglementer plusieurs de ses sujets (définition des différents types de H2, soutien par appel d’offres, injection de H2 dans le réseau de gaz naturel, garanties de production et d’origine,…) via l’ordonnance du 17 février 2021 relative à l’hydrogène.
D’autres informations sur l’hydrogène décarboné, notamment la stratégie nationale, le soutien de la recherche, de l’innovation et le développement des compétences, et les appels à projets sont disponibles sur le site du MTE.
Au sein de la DREAL Bretagne, l’hydrogène décarboné présentant différentes facettes administratives (sécurité, transport, promotion, soutien,…), plusieurs services sont impliqués. Toutefois afin de faciliter les démarches, un point d’entrée unique a été retenu. Les questions/demandes peuvent être déposées à l’adresse suivante : sceal.dreal-bretagne@developpement-durable.gouv.fr. Elles sont ensuite redirigées vers les services concernées.