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Climat, énergie, aménagement, logement

L’éolien perçu par les acteurs locaux

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publié le 15 mai 2012 (modifié le 3 décembre 2014)

Un plan d’actions a été mis en place pour faciliter l’atteinte des objectifs ambitieux fixés par le Pacte électrique breton et le Schéma régional éolien, à savoir 1400 MW à l’échéance 2015 et 1800 MW en 2020. Afin de mieux appréhender la perception par les acteurs locaux de l’éolien dans les paysages bretons, une enquête sociologique a été menée en 2011 auprès de personnes directement concernées par ces installations, au quotidien. Cette étude a fait l’objet d’un stage réalisé au sein de la DREAL (Master 2 GASE spécialité « gestion de l’environnement » à l’Université de Rennes 2).

L’étude interroge les rapports entre paysages et éoliennes tels que perçus par les habitants, en portant une attention particulière à des secteurs où la présence de l’éolien est déjà très soutenue. Les points de vue sur les outils et moyens de concertation mis en place sont également analysés. Pour terminer, l’étude propose des méthodes de concertation qui pourraient être utilisées dans les différents contextes, en fonction de leurs spécificités, pour faciliter les projets.

L’enquête a été menée sur 4 sites : Mohon (Morbihan), Saint-Gouëno/Saint-Jacut-du-Méné (Côtes d’Armor), Pays du Grand-Fougeray (Ille-et-Vilaine) et Plozévet/Mahalon/Guiler-sur-Goyen (Finistère). Une dizaine d’entretiens a été réalisée sur chaque site auprès des riverains, des élus, des porteurs de projet, des commissaires-enquêteurs, des associations, des propriétaires.
L’éolien soulève beaucoup de débats et cristallise les tensions. Les réactions des populations à son égard sont très variées, allant de l’indifférence à l’incapacité totale à supporter la présence des machines. Elles dépendent en partie des catégories d’acteurs. La faible participation aux enquêtes publiques laisserait à penser que la majorité de la population est plutôt indifférente aux projets, ou ne se mobilise pas à travers ce moyen de concertation. Quoi qu’il en soit, chaque projet suscite l’opposition d’un groupe de personnes, pouvant aller jusqu’au dépôt d’un recours administratif. L’organisation de cette contestation progresse avec le temps.

Les motifs d’opposition les plus fréquents sont la crainte des nuisances sonores, la baisse de la valeur des biens immobiliers, les atteintes aux paysages… Certaines réactions relèvent d’un phénomène « Nimby » (« Not In My Back Yard / pas dans mon jardin »).
L’expérience de l’enquête montre que les déficiences dans la communication et la concertation mises en œuvre sur le terrain, de la part des différentes parties prenantes, sont aussi un facteur important de rejet des projets. Qu’elles soient favorables ou non à l’éolien, une majorité de personnes ressent un manque d’information, de transparence et de concertation. D’autre part, quand les parcs se multiplient dans un paysage donné, la population voit son cadre de vie paisible se transformer en un horizon d’éoliennes, provoquant un sentiment de saturation et un rejet à l’égard des projets.

Pourtant, des solutions exemplaires pour aboutir à des projets concertés, prenant en compte les souhaits et inquiétudes des populations locales, existent et ont été mises en œuvre. Il s’agit notamment de l’expérience du Méné, analysée dans le cadre de l’étude.

voir l’étude ETUDE_SOCIO_SRE_ (format pdf - 9 Mo - 23/05/2012)