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Nature, paysages, eau et biodiversité

Consultation sur les projets d’arrêtés préfectoraux fixant les modalités de destruction des spécimens d’Ibis Sacré, Bernache du Canada et Tortues d’Amérique en Ille-et-Vilaine (35)

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publié le 10 février 2020

Dans le cadre de la lutte contre certaines Espèces Exotiques Envahissantes, l’Office Français de la Biodiversité d’Ille-et-Vilaine sollicite, sur la base notamment des articles relatifs à la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes (articles L. 411-5, L. 411-8, L. 411-9, R. 411-46 et R. 411-47 du code de l’environnement), une autorisation de destruction pour les animaux des espèces animales suivantes :

Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus) :

Espèce d’oiseaux de la famille des Threskiornithidae originaire d’Afrique sub-saharienne. Cette espèce a été introduite en France dans différents parcs zoologiques. L’absence de maîtrise des oiseaux a permis l’établissement de deux populations férales, sur le littoral atlantique (du Morbihan à la Gironde) et en Méditerranée (Camargue). On ne recense actuellement plus qu’une seule population d’Ibis sacré dans l’ouest de la France, issue du parc de Branféré (Morbihan), dont les jeunes étaient laissés libres de voler (Yésou in Sarat, 2012).

L’Ibis sacré peut concurrencer les espèces autochtones en occupant leurs sites de nidification (Clergeauet al.,2005). Prédateur opportuniste, il se nourrit d’invertébrés aquatiques, mais également d’amphibiens, de poissons, d’œufs et de jeunes oiseaux. Ainsi, des espèces dites sensibles peuvent être impactées en période de reproduction, comme les guifettes noires ou les échasses blanches (Clergeauet al., 2010).

Bernache du Canada (Branta canadensis)

Cette espèce a été introduite en Grande-Bretagne et dans les pays continentaux de l’Europe du Nord dès le XVIème siècle, à des fins cynégétiques et comme oiseau d’ornement (Pascal et al., 2006). Des cas de compétition directe existent avec les espèces autochtones : piétinements de nids, son comportement très territorial et agressif peut empêcher l’installation d’autres oiseaux autour de son nid (Rehfischet al., 2010).

À forte densité, les déjections des bernaches participent à la pollution et à l’eutrophisation de l’eau (Allan, 1999). Sur les sols, ces déjections sont une source de contamination et le piétinement des oies accentue l’érosion des berges (Bankset al., 2008). De plus, les Bernaches du Canada piétinent et se nourrissent sur les roselières, occasionnant ainsi des problèmes pour ces milieux rares et fragiles (Owenet al., 2003). Cette destruction d’habitats rivulaires impacte indirectement l’implantation de la faune sauvage autochtone.

L’espèce occasionne des dommages aux cultures agricoles et aux aires de loisirs telles que les golfs, les aires de repos, les plages, etc (Ankey, 1996). Ces dommages sont dus au pâturage, au piétinement et aux déjections des oies. Elles auraient une préférence pour les cultures annuelles et les zones irriguées.

Les déjections de Bernaches du Canada dans les plans d’eau apportent une charge lourde en nutriments menant à une eutrophisation du milieu permettant à certaines algues toxiques de se développer. Cette pollution des eaux de baignade peut favoriser indirectement la transmission de certaines maladies à l’homme (conjonctivite et botulisme). L’espèce représente également un risque pour la santé publique de par sa présence dans des endroits tels que les parcs, étant un vecteur potentiel de la grippe A (Bönneret al., 2004).

Tortues d’Amérique appartenant aux genres suivants :

Chrysemys spp., Pseudemys spp., Trachemys spp., Graptemys spp., Clemmys spp. (dont la plus connue est la tortue de Floride).

Importées en grand nombre dans les années 1970 à 1990, on estime à 4 millions le nombre de tortues de Floride qui ont été importées d’Amérique en France. Elles peuvent mesurer 30 cm pour 3 kg à l’âge adulte et peuvent s’avérer dangereuses pour les espèces naturellement présentes. En effet, elles sont omnivores et s’attaquent tout aussi bien aux algues et plantes aquatiques qu’aux poissons, aux insectes et aux autres amphibiens. La tortue de Floride est agressive et elle menace la tortue aquatique européenne, la cistude d’Europe (Emys orbicularis), qui voit son territoire et le nombre de ses proies réduire progressivement.

Ces espèces sont mentionnées dans l’arrêté du 14 février 2018, qui transpose dans le droit français, la liste des espèces réglementées par le règlement européen 1143-2014 relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes.

En application des articles R.411-46 et R.411-47 du code de l’environnement, l’autorité publique peut procéder à des opérations de lutte visant à l’éradication ou au contrôle des populations d’espèces exotiques envahissantes. La compétence revient au préfet de département.

Conformément à l’article L.123-19-1 du code de l’environnement, les projets d’arrêtés préfectoraux sur les modalités de destruction des spécimens d’Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus), Bernache du Canada (Branta canadensis) et de tortues appartenant aux genres suivants : Chrysemys spp., Clemmys spp., Graptemys spp., Pseudemys spp., Trachemys spp., en Ille-et-Vilaine sont soumis à une procédure de consultation du public.

La consultation du public se tient du 10 février au 1er Mars 2020.

Les observations peuvent être adressées :

  • soit par courriel adressé à ddtm-invasives35@ille-et-vilaine.gouv.fr
  • soit par courrier postal adressé à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer Service Eau et Biodiversité
    Unité Biodiversité
    Le Morgat
    12 rue Maurice Fabre
    35031 RENNES Cedex

Documents à consulter :